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Daniel Caralp, artisan céramiste

Mission réalisée du 8 novembre au 7 décembre 2011


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Le carnet de mission de l'artisan sans frontières


 
Compagnonnage artisanal : mission poterie à destination des artisanes de Mirriah
  


Les objectifs de la mission

  • Appuyer les femmes dans la limitation des pertes
  • Améliorer le travail sur les couleurs
  • Développer des nouvelles techniques de travail afin d’améliorer la qualité des produits et des finitions

Diagnostic initial

La poterie de Mirriah bénéficie d’une forte renommée dans l’ensemble du pays et elle dispose de caractéristiques propres qui la distinguent des poteries de Boubon et Nogaré. L’activité est très développée dans cette localité où la majorité des femmes travaillent la terre depuis leur enfance.

Approvisionnement et traitement de la matière première : la matière première est de bonne qualité, facilement accessible et à un coût raisonnable mais la gamme de couleurs disponible est limitée. Les potières ne prennent pas suffisamment en considération les contraintes du matériau. A cet égard, l'artisan sans frontières a essayé de les sensibiliser à une approche « philosophique et respectueuse » de la terre. En ce qui concerne le séchage, les artisanes ne respectent pas la bonne séquence. Elles exposent directement les pièces au soleil, ce qui engendre des fissures sur les produits et favorise ainsi la casse. La technique de cuisson qu’elles utilisent fait perdre une grande partie de la chaleur. Les pièces devraient être cuites à une centaine de degrés de plus pour qu’elles ne soient pas fragilisées.

Equipement, outillage : les artisanes ne travaillent pas avec de l’outillage mais elles arrivent malgré tout à faire des formes homogènes. Elles sont également capables de vite s’approprier les outils qui sont mis à leur disposition et en comprendre l’utilité.

Compétences techniques et qualité des produits : les bénéficiaires disposent de compétences techniques avérées et de grandes potentialités en créativité. Néanmoins, leurs produits sont peu diversifiés et répétitifs.

Organisation de la production et gestion : les potières travaillent de façon indépendante dans leur village et elles ne prennent pas suffisamment le temps de prendre en considération les contraintes et potentialités de la terre.

Accès aux marchés : les artisanes font face à une très forte concurrence vis-à-vis de la poterie chinoise. Le savoir-faire traditionnel et le travail sur les formes se perdent car elles essayent d’imiter les produits asiatiques pour reprendre les marchés. Cela les oblige à produire vite et donc à ne pas accorder l’importance nécessaire aux finitions. Elles ont les capacités et la détermination pour rivaliser avec les produits chinois mais leur mode d’organisation, trop indépendant, limite ces possibilités. La demande existe sur leur marché au niveau national, voire sous-régional, mais les problèmes d’emballage pour le transport constituent un obstacle important pour accéder à de nouveaux marchés.

Préconisations et apports

Traitement de la matière première : l'artisan sans frontières a préconisé et a expérimenté avec les artisanes une technique plus progressive de séchage des produits. Il s’agit d’exposer les pièces de poterie à l’ombre et de les recouvrir avec une étoffe humide. Des conseils ont également été apportés pour la construction d’un four qui conserverait mieux la chaleur avec des matériaux disponibles sur place : un parterre de briques avec un petit muret tout autour. Cette construction à la portée de toutes, permettrait d’éviter les courants d’air et la déperdition de chaleur. Au cours de la mission, l'artisan sans frontières a fait découvrir aux artisanes la technique de la cuisson immédiate avec un bruleur qu’il avait amené de France. Des essais ont également été faits sur les couleurs, notamment pour faire découvrir aux artisanes les alternatives possibles à la peinture avec de la terre colorée et des engobes. Localement, il est possible de varier la gamme de couleurs en ajoutant des oxydants à la terre blanche.

Perfectionnement des techniques : les artisanes ont été sensibilisées à la nécessité de sortir de la technique pour favoriser la proposition plastique. Cela passe par une meilleure perception du matériel et de ses contraintes. Des nouvelles techniques ont été apportées (colombin, superposition de pièces de terre) et un travail sur l’inversion des techniques traditionnelles a été réalisé : « partir d’un bloc pour construire une forme ». Ce nouveau procédé à permis aux artisanes de varier les formes et notamment de créer des boites décoratives ou utilitaires.

Organisation de la production : les artisanes ont été sensibilisées à la nécessité de s’appliquer, travailler de manière raisonnée et prendre du temps pour parfaire les finitions. Une organisation collective de la production serait nécessaire pour une meilleure efficacité.

Ouverture des (nouveaux) marchés : il existe des possibilités d’ouverture sur le marché national. Il faudrait qu’un point de vente puisse être mis en place à Niamey. Les artisanes devraient également participer à des évènements commerciaux. La mini-exposition organisée en fin de mission a suscité l’intérêt d’un acheteur pour exporter au Sénégal, ce qui suppose que le problème de l’emballage de pièces soit résolu.