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Françoise Laporte, artisane bottière-maroquinière

Mission réalisée du 23 octobre au 21 novembre 2011


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Le carnet de mission de l'artisane sans frontières


 
Compagnonnage artisanal : mission maroquinerie à destination des artisanes de Tahoua
  

 
Les objectifs de la mission

  • Améliorer le traitement des peaux et la conservation des articles
  • Améliorer les finitions des produits
  • Diversifier la production et développer la créativité des artisanes

Concernant le traitement des peaux, certains conseils peuvent être apportés mais cette problématique, récurrente en Afrique, ne peut être traitée par une seule mission car le tannage est un métier à part entière qui nécessite des compétences spécifiques.

Diagnostic initial

Approvisionnement en matières premières, équipements, outillage : les artisanes tannent elles-mêmes leurs peaux et maitrisent relativement bien ce processus. Elles ont l’habitude d’utiliser des techniques qui nécessitent très peu d’outillages.
 
Compétences techniques et qualité des produits : l’analphabétisme constitue un frein important pour développer un travail de précision. Les artisanes ont l’habitude de reproduire les mêmes objets (porte-clefs, porte-monnaie en bandoulière) sans aucune technique de maroquinerie à proprement parler mais avec une bonne maitrise des techniques de décoration. De la même manière, elles accordent très peu d’importance à la qualité des finitions.

Organisation de la production : aucune règle d’hygiène n’est respectée. Les femmes exerçant leur activité artisanale en parallèle des tâches du quotidien, elles ont pour habitude de travailler individuellement. Aucun processus de mutualisation des compétences n’a donc été expérimenté par le passé, d’autant plus qu’elles sont issues de différentes localités de la région de Tahoua.

Accès aux marchés : l’essentiel du marché auquel elles ont accès est constitué par les Touaregs et il s’agit donc d’un marché local à faible valeur ajoutée.

Préconisations et apports

Matières premières, équipements : Yacouba Djibo, artisan maroquinier ayant appuyé Anne Grégoire au cours de sa mission en 2010, est intervenu pour former les artisanes au traitement des peaux afin de produire du cuir « Sampera ». Les chutes de cuir ont été utilisées pour la réalisation des prototypes et les essais de nouvelles techniques de couture. Des outils ont été confectionnés par des artisans locaux en fonction des besoins de la mission pour permettre aux artisanes d’expérimenter des nouvelles techniques de production.

Perfectionnement des techniques : les premières séances de travail ont été consacrées à l’apprentissage du dessin, traçage, patronage, assemblage et à l’expérimentation de nouvelles techniques de couture (laçage, couture à deux aiguilles, différents points de couture). A l’issue de cette première étape, chaque artisane a réalisée une pochette de téléphone portable afin de mettre en pratique les premiers acquis de la mission. La seconde étape à consisté à développer la recherche créative à travers la réalisation collective de deux prototypes (deux pochettes de femme) tout en favorisant la pratique technique. En effet, ces deux modèles ont été réalisés pour apporter différentes notions de couture et de montage aux artisanes. En ce qui concerne les motifs, l'artisane sans fronitères a travaillé en collaboration avec des bijoutiers du village artisanal de Wadata afin que les artisanes puissent s’inspirer des motifs traditionnels, connaitre leur signification et les personnaliser, les intégrer d’une manière plus moderne et épurée.

Organisation de la production : dans un premier temps, des groupes de travail ont été définis par localité et, au fur et à mesure de la mission, ils ont évolué en fonction des affinités, des choix de modèles et du niveau de compétences. Deux groupes travaillaient à la réalisation du premier prototype et deux autres groupes sur le second. Des règles de vie ont été mise en place au cours de la mission afin de favoriser la mobilisation des artisanes.

Ouverture des (nouveaux) marchés : la mini-exposition organisée en fin de mission a permis d’ouvrir des opportunités de marché à Niamey. Un des responsables de magasin a manifesté un intérêt pour commercialiser les produits en maroquinerie.