Objectifs de la mission
Le diagnostic
Les apports du Compagnon
Conclusions & préconisations
Objectifs de la mission
Production
- perfectionnement technique
- amélioration de la qualité des meubles
- accroître la production et la commercialisation
Organisation & commercialisation
- améliorer l’organisation du travail
- otpimiser la gestion des commandes
- accroître la production et la commercialisation
Structuation de la profession (Regroupement en GIE)
Nombre de bénéficiaires :
8 ateliers
Diagnostic
Accès à la matière première
Le manque d’accès à une matière première de qualité constitue le principal frein au développent de ces entreprises. En effet, le bois que les menuisiers achètent est du bois vert qui continue à « vivre » et déforme les produits fabriqués. Cette situation s’explique par le fait que les négociants revendent le bois dès sa livraison, sans séchage préalable. Or cette étape du séchage (6 mois en moyenne) est obligatoire pour obtenir un travail de qualité. Seul le bois destiné à l’export est stocké à Brazzaville ou Pointe Noire dans des conditions satisfaisantes permettant le séchage préalable à la transformation de la matière première. A noter qu’une loi nationale interdit l’achat de bois dans un département différent de celui où l’entreprise exerce son activité.
Accès aux équipements
S’agissant des équipements et des machines, ceux-ci sont quasi-inexistants, seul l’atelier de Justin Bamboukila (Etablissement ESMC) dispose de quelques machines. Les artisans sont dans l’obligation de sous-traiter une partie de la production (le toupillage) aux machinistes, qui réalisent un travail de mauvaise qualité, s’additionnant ainsi aux lacunes techniques des artisans et à la mauvaise qualité des matières premières. Par ailleurs, l’offre de quincaillerie est, quant à elle, insuffisante et de mauvaise qualité. Les commerçants proposent, en effet, des gammes très étroites de produits de quincaillerie (serrure, charrière, etc.) dont les artisans doivent se contenter faute de mieux. Par exemple, sur la cinquantaine de points (clous) existants, seules 3 ou 4 sortes sont proposées par les quincailliers de Dolisie. Le problème est le même à Pointe-Noire et à Brazzaville.
Organisation et gestion
Hugues Palot a également relevé l’absence de suivi comptable et administratif dans l’ensemble des ateliers qu’il a visité. L’absence d’organisation des ateliers et le non-entretien des équipements mettent les artisans dans une situation d’insécurité constante : copeaux au sol pouvant provoquer un incendie, machines non stabilisées, absence de tôle pour protéger des intempéries, manque d’espace de travail, et absence d’accès à l’électricité. Enfin, aucun plan de gabarit n’est réalisé par les artisans, outil qui leur permettrait de pouvoir réaliser de la petite série.
Accès aux marchés
Les débouchés commerciaux sont essentiellement locaux et concernent principalement des demandes de particuliers. Rares sont ceux qui accèdent aux commandes des marchés d’Etat. Par ailleurs, aucun lieu d’exposition et de valorisation n’existe et les produits sont donc exposés en plein air au bord de la route.
Apports
Hugues Palot a tout d’abord réunit l’ensemble des artisans afin de programmer le déroulement des activités tout au long de sa mission. Cette rencontre a été l’occasion pour Hugues de montrer aux artisans les photos de son atelier français, dans le but de les sensibiliser à l’importance de l’organisation de la production au sein des ateliers : entretien des machines, organisation des espaces de travail, et de la sécurité.
Accompagné de Nestor Messavou, Hugues Palot a effectué une première visite des ateliers afin de dégager un diagnostic global et un certain nombre de préconisations permettant de traiter certaines des problématiques identifiées. Les principaux apports de cette mission peuvent être résumés de la manière suivante :
- Formation aux techniques de finition et de vernissage, l’élaboration des gabarits et épures
- Optimisation du stockage et de l’organisation des ateliers,
- Meilleure étanchéité des ateliers en faisant installer des tôles pour éviter que la pluie ne pénètre
- Aménagement des espaces pour améliorer les conditions de travail des artisans
- Sensibilisation à l’importance de la sécurité,
- Sensibilisation à la créativité et l’innovation en travaillant sur l’identité culturelle.
- Introduction aux notions de la comptabilité
Deux réunions collectives ont été organisées à Dolisie pendant la mission d’Hugues, permettant de partager avec l’ensemble des ateliers les résultats du diagnostic et de poser les bases des actions constitutives de la future action collective permettant de capitaliser les résultats de cette mission.
Conclusion et préconisations
La mission d’Hugues Palot a permis de dresser un diagnostic complet et réaliste des principales difficultés auxquelles font face les menuiseries de Dolisie mais aussi plus généralement au Congo. Il ressort de ce diagnostic que le problème de l’accès à une matière première de qualité (sèche) est le plus crucial car celui-ci conditionne le reste du processus de fabrication. L’utilisation de bois vert rend la fabrication de produits en bois de qualité impossible. De plus, la mauvaise qualité de la quincaillerie compromet la solidité et la pérennité des meubles fabriqués.
Quatre priorités, classées par ordre d’importance, ont été dégagées par le compagnon :
- L’accès à une matière première de qualité et le stockage et séchage du bois
- L’accès à la formation technique de base (perçage, coupe, sciage) permettant aux artisans de confectionner une plus grande variété et gamme de produits
- Sensibilisation aux questions de sécurité et d’hygiène
- Protection des ateliers et réduction de la pénibilité du travail
