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Compagnonne :
Agnès Prévost
Date de la mission : octobre 2007
Partenaire : ANA

  


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Le carnet de mission de la compagnonne
Céramique, les autres missions
Congo, les autres missions


 
Compagnonnage artisanal : la céramique dans la Bouenza (Congo)
  

  

Les objectifs de la mission
Le diagnostic

Les apports de la compagnonne

Conclusions & préconisations

 

Les objectifs de la mission :

- Perfectionnement technique & aquisition de nouvelles techniques de production
- Innovation & design des produits
- Organisation de la profession
- Revaloriser la profession auprès des populations

Nombre de bénéficiaires :
2 coopératives de 30 membres chacune

Diagnostic

Profils des bénéficiaires
Les femmes réalisant principalement des objets utilitaires : gargoulettes (pichet à eau), canaris (marmite), etc. Parallèlement à cette activité, elles  travaillent toutes comme cultivatrices pour compléter leurs sources de revenus.
Les quatre hommes céramistes sont les responsables des coopératives et réalisent exclusivement des sculptures animales. Notons que seuls les hommes ont eu accès à une éducation de base, les femmes n’ayant pas été scolarisées.


L’apprentissage du métier
Ces artisans ont appris le métier par transmission orale des méthodes traditionnelles et n’ont donc suivi aucune formation théorique. Les objets réalisés ont une forte identité culturelle qui fait toute la réputation de la poterie de la Bouenza (tout particulièrement au travers des produits comme les gargoulettes ou les canaris). D’après Agnès, ces techniques pourraient être conservées mais une meilleure maîtrise de celles-ci serait essentielle pour garantir la qualité finale des produits.


L’accès à la matière première
Les matières premières - l’argile, le bois (pour la cuisson) et l’écorce (pour les décors) – sont disponibles localement, de manière totalement gratuite et avec une offre abondante.  A contrario, les artisans disposent d’un matériel tout à fait rudimentaire. Ils n’ont pas de four à bois, ni brouette pour transporter l’argile, ni petit outillage. Certains petits outillages sont substitués par l’utilisation de produits naturels comme des feuilles d’arbres  rugueuses, qui remplacent le papier de verre.

La qualité des produits
En effet, la qualité des produits et, notamment, leur finition ne sont pas optimales en raison  de lacunes techniques intervenant à différentes étapes de la fabrication : mauvaise préparation de l’argile, broyage grossier de la pierre noire et sous-cuisson,  augmentant ainsi la fragilité des produits et le risque de fissures.  Par ailleurs, le produit fini est parfois dégradé par un décor bâclé qui manque de créativité. Néanmoins, les produits sont imperméables grâce à la texture naturelle de la terre. Bien que les artisans sachent réaliser de la petite-série, un manque évident de régularité dans les dimensions et décors est à noter.

Les conditions de travail, le processus de production et la gestion
Les céramistes de la Bouenza n’ont pas d’atelier, tous travaillent chez eux. Ils disposent, néanmoins, d’un local, qu’ils louent à l’année et dans lequel  ils entreposent les pièces à même le sol. Leur activité n’est pas organisée et chacune des étapes de production est d’une grande pénibilité et comporte un certain nombre de risques : extraction de l’argile dans une zone reculée et sans brouette pour la transporter, le broyage laborieux au galet, le façonnage, la cuisson à même le sol et le décor des pièces encore chaudes.
Aussi, les artisans n’ont aucune notion de gestion et de comptabilité. Bien que le coût de revient soit quasiment nul (gratuité de la matière première et absence de locaux), les artisans n’ont aucune conscience du mode de fixation du prix de vente qui doit prendre également en compte d’autres postes tels que la main d’œuvre, la taille ou le décor des objets.

L’accès au marché
Le marché local pour la céramique poterie est porteur. En effet, des acheteurs se déplacent jusqu’à Loutété pour commander la poterie locale en grande quantité. La commercialisation est ensuite faite à Pointe-Noire, Brazzaville ou encore Dolisie. Les produits qui semblent se vendre le mieux sont ceux qui sont depourvus de décors. Par ailleurs, d’autres marchés locaux pour les objets utilitaires pourraient s’ouvrir à ces artisans en démarchant les restaurants et hôtels de la région. A ce jour, aucun lieu d’exposition valorisant les produits n’existe. 

Apports

Les préconisations d’Agnès se sont révélées très utiles pour les artisans et ont permis d’apporter des solutions concrètes aux problèmes techniques rencontrés pendant le processus de production :

  • Les techniques de cuisson : la cuisson directe avec chauffe progressive pour éviter que le pièces ne se cassent ainsi que leur noircissement, qui n’est pas indispensable.
  • Travail des finitions : vernissage des produits avec le jus d’écorce rouge pour un aspect «cuir»,
  • La standardisation de l’offre :  fabrication de prototypes (gargoulettes, canaris, etc.), réalisation de fiche technique par produit
  • Elargissement de la gamme de produits : gobelet, dessous de plat, bijoux, boîtes
  • Essai de nouveaux décors.

Agnès a également travaillé sur des aspects plus organisationnels comme le développement d’outils de comptabilité-gestion : l’utilisation d’un cahier de gestion de base, listant les recettes et les dépenses, un catalogue de référence et un cahier de gestion des stocks.

Avec l’appui de la compagnonne, les artisans ont commencé à travailler à la réalisation d’un catalogue de présentation des produits, tenant compte des différentes tailles, contenances et décors proposés et qui fixe également le prix du produit.

Enfin, la compagnonne, avec l’appui de l’équipe locale, a réunit l’ensemble des bénéficiaires  pour les amener à réfléchir à la mission concrète qu’ils souhaitent conférer aux deux coopératives : intérêt d’un bon ciblage des objectifs, d’une bonne répartition des tâches entre les différents membres et l’identification d’un lieu et d’outils communs. 

Conclusion et préconisations

Tout d’abord, la forte identité culturelle des produits de ces artisans  (notamment avec des produits comme la gargoulette et le canari) constitue un véritable atout sur un marché local qui semble porteur.
Un certain nombre d’actions concrètes à conduire sur le court terme ont été identifiées par la compagnonne et pourraient constituer le cadre de la future action collective des artisans de la Bouenza :

La structuration des coopératives :

  • Définition précise des objectifs et répartition des tâches et fonction des différents membres,
  • Lancement d’une production de petites séries en sélectionnant des produits « porteurs » et « spécifiques » à chacune des deux coopératives, de manière à diversifier l’offre,
  • Standardisation des produits et constitution d’un catalogue des produits des coopératives,
  • Construction d’un local pour accueillir les bureaux, les ateliers et exposer les produits.