Commentaires et enrichissements de M. Mathias OBIO OURAGA sur le projet accès aux marchés et les difficultés associées à la protection des oeuvres de l'artisanat.
"Il a été proposé que soit conduite une politique de promotion de l’artisanat pour résoudre les problèmes liés à la faiblesse de la structuration professionnelle, pour rendre fluide le traitement collectif des commandes et pour amener une culture de partenariat entre les entreprises artisanales. Il est déploré dans ce contexte le fait que chaque artisan protège son marché et ses acquis (technique, méthodes,…).
"C’est sur ce point que je veux faire un commentaire sans perdre de vue les autres problèmes en rapport avec la compétitivité, la qualité et les faibles capacités de production et tous les corollaires (accès aux matières premières, financement, opportunités de marché…) qui lui sont liés.
"En effet, lorsque nous considérons la définition même de l’artisanat et de l’artisan on peut lire dans le PETIT LAROUSSE que l’artisanat est défini comme la profession de l’artisan et l’artisan est la personne qui exerce pour son propre compte un art mécanique ou un métier manuel..
"La notion « pour son propre compte » est importante dans le constat que fait notre ami qui reconnaît plus loin les constats de piratage des modèles et des œuvres des artisans. Cette non protection de la créativité des artisans qu’il reconnaît, entraîne un réflexe de repli de l’artisan sur certains marchés. Toute la problématique se trouve ici.
"D’une façon générale et quelque soit le lieu où il exerce son art, l’artisan a reçu ses métiers par formation sur le tas et par héritage familial (tisserands, forgerons, tapissier,…). Rares sont les artisans ayant été formé dans un centre technique (mécaniciens, menuisiers,…), encore que bon nombre d’eux ont été formé dans un atelier familial.
"En Afrique où les taux de chômage sont élevés et où les taux de scolarisation sont faibles, l’artisanat se trouve être la panacée pour trouver à gagner sa vie. Il va donc de soi que, dans l’incapacité de protéger son art « par le dépôt du fruit de son invention » auprès des structures de protection des œuvres de l’esprit, le désir de protéger ses droits l'amène évidemment « à s’isoler » comme il a éte reconnu.
"Il est bien évident que cette attitude ne permet ni de sortir de l’informel, ni de faire avancer les évolution techniques et technologiques qui restent à l’état brute et embryonnaire. On exerce l’artisanat comme depuis la nuit des temps.
"Notre proposition :
"Nous pensons qu’il faut faire un plaidoyer pour délivrer des « BREVETS aux artisans sur leurs œuvres et inventions ». Sans la protection des inventions, tous les obstacles à la politique de promotion des produits de l’artisanat vont toujours demeurer : la faible compétitivité et la qualité des produits artisanaux et des petites entreprises, la faible capacité de production, les difficultés d’accès aux matières premières, les problèmes de financement et de logistique, les problèmes de commercialisation et d’exportation, la perte d’opportunités de marché, le déficit d’information économique (les normes sur les marchés extérieurs, la mauvaise perception sur la structure de la demande, le manque de visibilité des produits de l’artisanat africain).
"Ainsi se résument mes commentaires sur Les modalités d’accès aux marchés par les TIC et méthodologies innovantes en marketing et commercialisation pour les petites entreprises. Je constate également que les autres aspects développés sont liés à cette protection indispensable pour rassurer l’artisan, car « personne n’aime se voir retirer son pain de la bouche. Cette protection peut obtenue par les décideurs politiques réunis lors de la 2ème Conférence des ministres africains de l'artisanat, qui se tiendra à Ouagadougou dans le cadre du SIAO, le 4 novembre 2008".