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Les artisans sans frontières
avr. 12

Posté par : sdole
12/04/2010 09:49  RssIcon

 

 
Démarrage sur le lieu de formation avec les artisanes

Bonjour,

Après près d'une semaine sur place, un petit point d'ensemble sur ma mission :

PREPARATION

VISITES
Par ordre d'intérêt (à Niamey, sauf indication contraire)
production :
- centre artisanal de Wadata : nombreux petits ateliers toutes techniques confondues, dans un vaste espace qui est également le lieu de déroulement du SAFEM.
- centre artisanal (Dosso) : divers petits ateliers avec divers techniques, pas de boutique.
- coopérative des métiers d'art : ateliers cuir et bijouterie principalement, plus quelques autres métiers, dont un travail sur la calebasse original.
vente :
- boutique du GIE DANI au centre artisanal de Wadata : sélection de produits tous matériaux/techniques confondus. Le GIE DANI est partenaire pour la commercialisation du Safem.
- boutique du Grand Hôtel : boutique minuscule d'un des hôtels de luxe, tenue par Sabine, une Française. Seul lieu où j'ai trouvé quelques objets de déco/accessoires de mode fabriqués au Niger qui soient originaux et contemporains. A approfondir (intéressée par le programme).
- boutique Alphadi : vêtements hommes/femmes et accessoires de mode chaussures/sacs (étiquetés "made in Italy" ?!!) du créateur. Il est, paraît-il, plus intéressant de visiter son atelier.
- boutique d'un bijoutier : Ahmed, à côté du centre des métiers du cuir. Qualité supérieure à ce qu'on voit souvent, quelques modèles un peu plus originaux (couverts de table et de service en bois et argent). Son atelier jouxte la boutique.
- nombreuses boutiques d'artisanat près du petit marché.
- boutique Woodin-Vlisco : pagnes à motifs, style africain mais importés. Un peu de prêt à porter, mais d'importation également.
traditions :
- musée national : espace et architecture sympathiques, mais inintéressant dans l'ensemble. Sauf peut-être le pavillon "costumes traditionnels" pour les missions en couture/broderie. en parallèle, divers ateliers dont tissage.
- musée de Dosso (Dosso) : musée modeste mais avec de belles couvertures de mariage et quelques objets traditionnels
J'ai par ailleurs essayé de voir dans quelques lieux "chics" hotellerie/restauration si l'artisanat était présent (mobilier, objets de déco, arts de la table, linge de maison), mais c'est très peu le cas.

Personne ressource supplémentaire :
- Delphine Boudon, directrice du centre culturel franco-nigérien, est installée au Niger depuis un certain temps et est sensible à l'artisanat. Le centre avait reçu l'exposition de design "Made in Africa". Potentiels à exploiter de ce côté-là ?


AUTRES ACTIVITES PREPARATOIRES
- réunion préparatoire avec l'équipe locale
- rencontre de la responsable FSD de l'Ambassade de France
- quelques visites protocolaires poncutelles dans la région de la mission


EQUIPE LOCALE
J'ai été extrêment bien reçue par l'équipe locale : Paul Armand (Guilde), Yacouba (Safem) et Youssef le chauffeur. J'ai aussi eu l'occasion de croiser Mme Kané. Depuis que je suis sur le lieu de mission, je reste en contact journalier avec eux ce qui est très appréciable. Je retrouve la même énergie et la même volonté auprès d'eux que lors de la préparation de la mission avec le Cosame.



DEMARRAGE SUR LE TERRAIN

ASSISTANTE FORMATRICE
Tout comme le reste de l'équipe locale, Gountou, l'assistance formatrice, est sympathique et dynamique. Communication en français assez bonne.
Aujourd'hui, je suis invitée à passer au mariage du petit frère de Gountou !

ACTIVITES
Avec Gountou, l'assistante-formatrice, nous avons commencé le travail avec les artisanes :
- 1/2 journée de diagnostic métier
- 2/3 journée de démonstration des différentes techniques par les femmes
- 1/2 journée approvisionnement en matières premières et accessoires au marché local
- orientation de la mission en fonction des constats
Dans l'ensemble le rythme est lent (chaleur !, aléas, manque de ponctualité, mais aussi analphabétisme des artisanes qui rend des notions/activités beaucoup moins évidentes qu'il n'y paraît). Bon, on s'adapte ! Je simplifie/allège le programme.

BENEFICIAIRES
Les artisanes sont sympathiques et semblent motivées. Appartenant à 2 villages éloignés, elles ne se connaissaient pas mais communiquent beaucoup entre elles.

CONDITIONS DE SEJOURS

INSECURITE
Il pouvait y avoir certaines inquiétudes sur la sécurité au Niger, entre le coup d'état, le terrorisme dans certaines zones, et la crise alimentaire. C'est tjs difficile de cerner la situation à distance, mais à présent que je suis sur le terrain, je tiens à rassurer sur cet aspect.
Pour ce qui est de Niamey, où j'ai passé trois jours, la situation est très calme. Il semble qu'il y ait peu de problèmes de sécurité en règle général (peu/pas d'agression notamment), et RAS en ce moment. Les gens sont très paisibles. En tant que Française, j'ai rarement été aussi peu interpellée en Afrique subsaharienne.
Pas de problème d'alimentation à mon niveau non plus, aussi bien à Niamey que dans la région de Dosso où je suis en mission.


CHALEUR
Si l'insécurité a pu être surévaluée, la chaleur a été à mon avis sous-évaluée. Cet aspect n'a pas été soulevé lors de la préparation et personnellement, je n'ai pas envisagé qu'elle puisse être aussi problématique.
J'ai conscience que cette période (saison chaude) a été choisie pour 2 raisons principales : en saison des pluies (à partir de mai) les artisanes ne sont pas disponibles, c'est une réalité du terrain. La saison sèche mais moins chaude (à partir d'octobre) est réservée pour la participation au SIAO, avec les produits des missions.
Pourtant je ne suis pas sûre que la saison chaude soit réellement appropriée à la tenue des formations, en tout cas dans les conditions de mission que je connais. Mes interlocuteurs se disent habitués, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. C'est une autre réalité du terrain !
En tout cas, en ce qui me concerne, je trouve cette chaleur très pénible pour le travail et les déplacements, et a des conséquences à bien d'autres niveaux.
J'invite donc à ne pas négliger cet aspect.


CONDITIONS DE TRAVAIL ET DE LOGEMENT
A Niamey, à part un loupé pour la première nuit (!), le logement à la case de passage de l'AFVP est bien. Aussi bien le confort/propreté, que la proximité au SAFEM à pied, et au centre ville en taxi, et l'accès à des petites boutiques/restaurants dans les environs.

Sur le lieu de mission...
Nous sommes sur le terrain de l'école du village, légèrement excentré par rapport au coeur du village. Comme prévu, pas d'électricité. Par contre, le réseau téléphonique passe bien, ce qui est très appréciable.

Pour le travail, l'arbre à palabre prévu initialement, au milieu du village, a été judicieusement remplacé par un autre arbre, dans la cour d'école, où nous pouvons nous concentrer.
Nous avons accès par ailleurs à une petite case en branchages, à certaines heures. Il y a quelques bancs et tables dans la case, ainsi qu'un grand tableau. J'avais insisté sur le fait de pouvoir disposer d'un espace un peu plus structuré que l'arbre pour certaines activités. Les artisanes elles-mêmes souhaitent travailler en intérieur car la chaleur et le vent sèchent et rendent cassantes leurs matières premières. Néanmoins, nous n'avons pas encore utilisé la case, car pour le travail manuel, celle-ci n'est pas assez grande pour nous contenir toutes (nous sommes 22). Nous l'utiliserons poncutellement pour les activités plus théoriques ou quand nous serons en petit groupe. Nous pourrons peut-être également utiliser une salle de classe le week-end.

Pour le logement, nous sommes dans un petit bâtiment vide.
Dès qu'il fait nuit, personnellement je reste dehors, y compris pour dormir, car c'est un peu plus frais et aéré. Le scorpion qui gambadait au milieu de nous l'autre soir pendant qu'on dînait, devait être du même avis... Gountou l'a écrasé, j'espère que le message est arrivé à toutes bestioles qui piquent ou qui ont 8 pattes! Mme Kané va apporter un lit touareg lors de sa visite dans quelques jours, je pourrais profiter de l'air et mieux me préserver des bestioles.
L'eau n'est pas courante, mais l'approvisionnement au puits de l'école est relativement aisé, notamment grâce à l'aide des habitants en journée.
Pour la douche et les toilettes... Nous utilisons une cabine de l'école, chose apparemment rare en milieu rural. Mais même une fois nettoyée, l'odeur, en journée, est vraiment épouvantable. J'ai dû renoncer à me rafraîchir dedans aussi souvent que possible.
Pour les repas, Gountou tient à les préparer au maximum, notamment du fait du léger éloignement de l'école par rapport au centre du village. Mais la chaleur, encore et toujours, rend difficile la conservation des aliments. Un plat tourné ne m'a pas épargné... Parfois, les femmes (artisanes ou d'autres) apportent aussi pour nous de la nourriture.

Les déplacements hors du village sont très mal aisés, bien qu'en distance le village ne soit pas très éloigné du centre régional. Le jour de marché, on trouve un peu plus facilement un moyen de transport, mais pas à toutes les heures.


CONCLUSION
Il y a une forte motivation et beaucoup de bonne volonté, à tous les niveaux, mais je regrette de dire que les conditions de séjour travail/logement rendent la mission difficile et la compromettent en partie. Je vais faire de mon mieux, mais à l'impossible nul n'est tenu !


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